Cristaux colorés assortis, pierres et imitations
Gemmologie — Identification

Pierres synthétiques et imitations

Un rubis de synthèse est un vrai rubis ; une imitation en verre ne l’est pas. Confondre les deux, c’est se tromper d’un facteur cent sur la valeur.

Le vocabulaire piège les acheteurs. Une pierre « synthétique » et une « imitation » n’ont rien à voir. La première a exactement la composition d’une pierre naturelle, mais elle est née dans un four. La seconde en a seulement l’apparence, et peut n’être que du verre. Savoir les distinguer — et les nommer correctement — est au cœur du métier de gemmologue.

En bref

Une pierre synthétique a la même composition et la même structure qu’une pierre naturelle, mais elle est fabriquée en laboratoire (rubis de synthèse, émeraude hydrothermale, diamant de synthèse). Une imitation (ou simulant) a seulement l’aspect d’une gemme : verre, plastique, ou une autre pierre — la zircone cubique et la moissanite imitant le diamant. Les pierres assemblées (doublets, triplets) collent plusieurs matériaux. Dans tous les cas, la nature de la pierre doit être divulguée ; seules les inclusions et les mesures optiques permettent de conclure.

Définitions

Synthétique n’est pas « faux »

Un rubis synthétique est chimiquement du corindon, comme un rubis naturel : même dureté, même indice, même couleur. Il n’est pas « faux » — il est simplement d’origine artificielle, et vaut une fraction du prix d’un rubis extrait de la terre. La loi impose de le déclarer comme « synthétique » ou « créé en laboratoire ».

Une imitation, elle, n’est pas la pierre qu’elle imite. Le strass, verre au plomb inventé au XVIIIe siècle, imite le diamant sans en partager aucune propriété profonde. La zircone cubique et la moissanite sont d’autres imitations du diamant, avec chacune leur signature optique — un feu trop intense en tête.

Fabrication

Comment on synthétise une gemme

Les procédés laissent des indices. La fusion à la flamme (procédé Verneuil, dès 1902) produit rubis, saphirs et spinelles synthétiques en masse, reconnaissables à leurs stries de croissance courbes et à de fines bulles de gaz sphériques. La croissance en flux ou par voie hydrothermale donne des émeraudes de synthèse plus convaincantes, mais laisse des résidus caractéristiques. Pour le diamant, les procédés HPHT et CVD imitent les conditions du manteau ou déposent le carbone couche par couche — un sujet que détaille notre page sur le diamant de laboratoire.

Pierres assemblées

Doublets et triplets

Entre le naturel et l’imitation, il existe une catégorie hybride : les pierres assemblées. Un doublet colle deux parties — par exemple une fine tranche de vraie pierre sur un support de verre, ou deux morceaux de grenat et de verre. Un triplet en superpose trois, technique classique de l’opale : une mince lamelle d’opale prise entre un fond sombre et une coiffe de quartz. Vues de côté, ces pierres révèlent leur plan de collage et parfois des bulles dans la colle.

Note d’atelierLe piège n’est pas la valeur optique, mais la tromperie. Un rubis de synthèse honnêtement vendu comme tel est un beau produit ; le même, présenté comme naturel, est une escroquerie. À l’achat d’une pierre de valeur, exigez toujours un certificat gemmologique d’un laboratoire indépendant : c’est la seule pièce qui distingue, noir sur blanc, le naturel du créé en laboratoire.

Un rubis de synthèse est un vrai rubis. Le mensonge n’est pas dans la pierre, il est dans l’étiquette.

Vos questions

Foire aux questions

Quelle différence entre une pierre synthétique et une imitation ?
La synthétique a la même composition qu’une pierre naturelle (un vrai corindon, un vrai diamant), mais elle est fabriquée. L’imitation en a seulement l’aspect : verre, plastique ou autre pierre.
Un diamant de synthèse est-il un vrai diamant ?
Oui : c’est du carbone cristallisé, identique au diamant naturel. Il doit être déclaré « de synthèse » ou « créé en laboratoire », et vaut moins qu’un diamant extrait.
La moissanite est-elle un diamant ?
Non, c’est une imitation : du carbure de silicium, avec un feu bien plus intense que le diamant. Elle se distingue par ses propriétés optiques et une analyse en laboratoire.
Qu’est-ce qu’un doublet ou un triplet ?
Des pierres assemblées : le doublet colle deux matériaux, le triplet trois. L’opale triplet, par exemple, prend une fine lamelle d’opale entre un fond et une coiffe de quartz.
Comment être sûr qu’une pierre est naturelle ?
Par l’examen des inclusions au microscope et les mesures optiques, confirmés par un certificat d’un laboratoire indépendant. Aucun test unique ne suffit à lui seul.
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Sources : GIA — pierres synthétiques et imitations · International Gem Society · voir aussi Le diamant de laboratoire, Les inclusions des gemmes et Les certificats gemmologiques.