Atelier de joaillier
Techniques de l’atelier — Nº 08

La fonte à la cire perdue

Le procédé millénaire qui transforme un modèle de cire en bijou de métal — encore au cœur de la joaillerie d’aujourd’hui.

Couler un bijou, c’est d’abord en sculpter le double en cire, puis le faire disparaître. La fonte à la cire perdue est l’une des plus anciennes techniques de l’humanité, et reste la méthode reine pour reproduire une forme complexe dans le métal.

En bref

On sculpte le bijou en cire, on l’enrobe dans un plâtre réfractaire, puis on chauffe : la cire fond et s’échappe, laissant une empreinte creuse. On y coule le métal en fusion, on casse le moule, et le bijou brut apparaît. La cire est « perdue » — d’où le nom.

Les étapes

De la cire au métal, comment ça marche ?

Tout commence par le modèle en cire, sculpté à la main ou imprimé. On le fixe par une « tige de coulée » sur un arbre de cires, puis on l’enferme dans un cylindre rempli de revêtement (plâtre réfractaire). Une fois sec, le cylindre passe au four : la cire fond et brûle, libérant l’empreinte. Le métal fondu est alors coulé — par gravité, par centrifugation ou sous vide — pour épouser chaque détail. Refroidi, le moule est cassé : on récupère le bijou brut, qu’il restera à débiter, limer et polir.

Les grandes étapes de la cire perdue.
ÉtapeGeste
ModèleSculpter ou imprimer la cire
Mise en cylindreEnrober dans le revêtement
DécirageChauffer : la cire s’échappe
CouléeVerser le métal en fusion
DécochageCasser le moule, finir la pièce
Pourquoi elle domine

Le bon procédé pour les formes complexes

La cire perdue reproduit des détails qu’aucune autre méthode ne rend aussi finement : volumes organiques, reliefs, séries d’un même modèle. C’est pourquoi la quasi-totalité des bagues du commerce en sont issues. Pour produire en série, on duplique d’abord le modèle en cire à partir d’un moule en caoutchouc. Le travail « à la main » à partir de plaque et de fil reste réservé aux pièces uniques ou à la réparation.

Note d’atelierLa qualité d’une fonte se joue avant la coulée : une cire mal ébavurée ou un revêtement mal dégazé laisse des bulles et des « grains » dans le métal. L’essentiel du métier de fondeur est un travail de propreté et de température.

On sculpte pour détruire : la cire disparaît pour que le métal naisse.

Vos questions

Foire aux questions

Pourquoi parle-t-on de cire « perdue » ?
Parce que le modèle en cire est détruit pendant le procédé : il fond et s’échappe du moule, qui ne sert qu’une fois. La cire est donc « perdue » à chaque pièce.
Peut-on réutiliser le moule ?
Non : le moule en plâtre réfractaire est cassé pour extraire le bijou. Pour produire en série, on duplique d’abord le modèle en cire à partir d’un moule en caoutchouc.
La cire perdue convient-elle à tous les métaux ?
Oui pour l’or, l’argent, le platine et le laiton, avec des températures et des revêtements adaptés à chaque métal.
Quelle différence avec le travail « à la main » ?
La fonte coule une forme d’un bloc et permet la série ; le travail à la main assemble plaque et fil, pièce par pièce. On les combine souvent sur un même bijou.
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