
Le vermeil et le plaqué or
Deux façons de porter de l’or à la surface d’un bijou — mais pas la même base, ni la même épaisseur, ni la même durée.
« Vermeil » et « plaqué or » désignent tous deux des bijoux recouverts d’une couche d’or. Mais derrière la couleur dorée se cachent deux réalités bien distinctes : ce qu’il y a dessous, l’épaisseur de la dorure, et donc la durée de vie de la pièce. En France, ces appellations ne sont pas libres : elles correspondent à des seuils précis fixés par la réglementation, que la DGCCRF contrôle. Quelques définitions exactes évitent bien des malentendus — et des arnaques.
Le vermeil est de l’argent recouvert d’or : l’or doit titrer au moins 750 millièmes et former une couche d’au moins 5 microns. Le plaqué or (ou « doublé ») recouvre un métal courant (laiton, cuivre) d’une couche d’or d’au moins 3 microns, à un titre ≥ 500 millièmes. En dessous (le « flashé » ou « doré à l’or fin », souvent < 0,5 micron), on quitte le plaqué pour la dorure fine, peu durable. Un micron = un millième de millimètre.
Le vermeil : de l’argent doré
Le vermeil est un argent recouvert d’or. Deux conditions réglementaires définissent l’appellation en France : la base doit être de l’argent (typiquement l’argent 925 de bijouterie), et la dorure doit présenter un or d’un titre supérieur ou égal à 750 millièmes (18 carats) sur une épaisseur minimale de 5 microns. C’est ce qui distingue fondamentalement le vermeil : sous l’or, on trouve un métal précieux, et non un métal commun. Si la base n’est pas en argent, ou si la couche d’or est plus fine, le mot « vermeil » ne peut légalement être employé.
Le plaqué or, le doublé et le flashé
Le plaqué or repose sur un métal non précieux — généralement du laiton ou du cuivre — recouvert d’une couche d’or. La réglementation impose un or à au moins 500 millièmes et une épaisseur d’au moins 3 microns pour la bijouterie. Le terme « doublé » désigne historiquement une variante (plaque d’or appliquée par laminage ou soudage) mais relève des mêmes exigences ; pour l’acheteur, la qualité attendue est la même.
En dessous de ces seuils, on n’est plus dans le plaqué. La « dorure à l’or fin », ou « flashé », correspond à une pellicule très mince — souvent entre 0,3 et moins de 0,5 micron. C’est la finition des bijoux fantaisie : jolie au départ, mais fragile, car le moindre frottement finit par révéler le métal de base. Le procédé de dépôt est, dans la plupart des cas, la dorure électrolytique (galvanoplastie) : la pièce est plongée dans un bain d’ions d’or et un courant fait migrer l’or à sa surface. C’est un revêtement, non un alliage en profondeur : l’or reste une pellicule.
Vermeil, plaqué, flashé, or massif
Le tableau ci-dessous récapitule les définitions et les seuils réglementaires français. À garder en tête au moment d’acheter ou de comparer.
| Appellation | Métal de base | Épaisseur d’or (mini) | Titre de l’or | Durabilité |
|---|---|---|---|---|
| Vermeil | Argent (ex. 925) | 5 microns | ≥ 750 ‰ | Bonne ; redorable |
| Plaqué / doublé or | Laiton, cuivre | 3 microns | ≥ 500 ‰ | Moyenne |
| Flashé / doré à l’or fin | Métal courant | < 0,5 micron | Variable | Faible (fantaisie) |
| Or massif | Or dans la masse | — (massif) | 375 à 999 ‰ | Maximale |
À titre de repère, le métal argenté (couvert d’argent et non d’or) relève d’une logique voisine, avec un seuil réglementaire distinct de 10 microns.
Microns et tenue dans le temps
L’épaisseur, mesurée en microns, conditionne la tenue de la dorure. Plus la couche d’or est épaisse, plus elle résiste au frottement et à l’usure avant de laisser apparaître le métal sous-jacent. Le vermeil, avec sa couche réglementaire de 5 microns et sa base en argent précieux, vieillit mieux et peut, le cas échéant, être redoré. Le plaqué or, à 3 microns sur métal courant, tient correctement mais finit par s’user. Le flashé, lui, à moins d’un demi-micron, est par nature éphémère : c’est la dorure des bijoux d’appoint, pas d’un bijou destiné à durer.
À ne pas confondre avec l’or massif, doré dans toute sa masse et donc inusable en couleur : voir l’or en joaillerie. Entre les deux mondes existe aussi le gold filled (or « rempli »), couche d’or mécaniquement liée représentant une fraction du poids total, plus épaisse que le plaqué mais sans statut d’appellation française propre.
La couleur est la même ; ce qui change, c’est ce qu’il y a sous l’or — et combien de temps il tiendra.
Foire aux questions
Vermeil ou plaqué or : lequel dure le plus longtemps ?
Le vermeil, est-ce de l’or massif ?
« Doré à l’or fin », c’est du plaqué or ?
Comment entretenir un bijou doré ?
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Sources : DGCCRF / economie.gouv.fr — Étiquetage des bijoux (seuils vermeil, plaqué, doublé) · Légifrance — Commerce des matières d’or, d’argent et de platine · Encyclopædia Britannica — Metalwork (gilding).